Évacuer l’eau vite, et la conduire loin des murs
Une toiture ne protège rien si l’eau qu’elle collecte finit au pied du mur. La zinguerie prend le relais de la couverture : elle rassemble le ruissellement, le canalise et l’éloigne du bâtiment. C’est aussi la partie qui lâche en premier, parce qu’elle travaille en permanence, se dilate, s’encrasse et se corrode bien plus vite que la tuile qu’elle accompagne.
Sur notre secteur, la contrainte n’est pas le cumul annuel de pluie, qui reste modéré. C’est l’intensité. Un épisode cévenol d’octobre peut déverser en deux heures ce que le ciel donne en deux mois ordinaires. Une gouttière calibrée pour un climat doux déborde alors par-dessus le bord, et toute l’eau descend le long de la façade, dans la génoise puis dans le mur.
S’ajoute le mistral, qui plaque les feuilles de platane et les aiguilles de pin au fond des chéneaux, arrache les crochets trop espacés et fait vibrer les descentes mal collierées. Puis vient le gel : une gouttière encombrée retient l’eau, l’eau gèle, et le profil se déforme ou se fend à la soudure. Trois contraintes qui se cumulent sur le même mètre linéaire.
Nous traitons donc la zinguerie comme un ouvrage à part entière : sections calculées, pentes maîtrisées, matériaux choisis en fonction du support et des eaux collectées. Pour un état des lieux de vos évacuations, 07 75 03 55 99.

Une gouttière se calcule, elle ne se choisit pas au hasard
La bonne section dépend de trois données : la surface de toit qui se déverse dans la gouttière, la pente donnée à celle-ci et l’intensité de pluie retenue pour la région. On raisonne en surface projetée, c’est-à-dire la surface au sol couverte par le versant, et non en surface de rampant. Beaucoup d’installations posées à l’économie ignorent purement et simplement ce calcul.
Concrètement, une demi-ronde de vingt-cinq centimètres de développé convient à un versant de garage, mais devient insuffisante dès qu’un pan de villa de cent vingt mètres carrés s’y déverse d’un seul côté. Il faut alors passer à un développé supérieur ou doubler la descente. Le nombre et la position des descentes comptent autant que la section du chéneau lui-même.
La pente, enfin, est le paramètre le plus souvent bâclé. Trois à cinq millimètres par mètre suffisent, mais ils doivent rester réguliers sur toute la longueur. Une gouttière posée de niveau retient l’eau, s’encrasse, verdit et finit par se percer de l’intérieur. Nous posons au cordeau et nous contrôlons l’écoulement au seau d’eau avant de replier l’échelle.
Comment nous menons un chantier de zinguerie
Six étapes, du relevé des linéaires au test en eau de l’ensemble du réseau.
- 1
Relevé et calcul
Mesure des linéaires, des surfaces déversées et des hauteurs de descente, repérage des points de rejet existants et des contraintes au sol. C’est ce relevé qui détermine la section retenue et le nombre de descentes nécessaires.
- 2
Choix du profil et du matériau
Demi-ronde, corniche moulurée ou chéneau encaissé, zinc, aluminium laqué, cuivre ou PVC : nous arbitrons avec vous selon l’aspect du bâtiment, le budget et la nature des eaux collectées.
- 3
Dépose et reprise des supports
Dépose de l’ancien réseau puis contrôle de la planche de rive et des abouts de chevrons, souvent abimés par des années de débordement. Rien ne sert de visser du neuf dans un bois qui ne tient plus la fixation.
- 4
Pose des chéneaux et des descentes
Crochets espacés selon le matériau, dilatation prise en compte, assemblages soudés ou joints à froid selon le cas, descentes maintenues par colliers et raccordées proprement au réseau enterré quand il existe.
- 5
Solins, abergements et raccords
Reprise des jonctions entre toit et maçonnerie : solins de mur, abergements de cheminée, bandes de rive et noues. C’est là que passent la plupart des infiltrations attribuées à tort à la couverture.
- 6
Test en eau et réception
Mise en eau au jet, vérification de l’écoulement, des jonctions et du rejet au sol, correction des pentes si besoin, puis tour de réception avec vous et remise des photos.

Zinc, aluminium, cuivre ou PVC : ce qui les sépare vraiment
Le zinc reste la référence sur le bâti ancien. Il se soude, se façonne sur mesure, épouse les décrochements d’une façade irrégulière et vieillit en prenant une patine grise qui s’accorde aux enduits du secteur. Sa limite est chimique : il ne supporte ni le contact prolongé avec le cuivre, ni les eaux rendues acides par une couverture très moussue.
L’aluminium laqué se pose souvent en une seule longueur, formée sur place, ce qui supprime les soudures et donc les points faibles classiques. Il est léger, ne rouille pas et se décline en de nombreuses teintes. En contrepartie il se dilate beaucoup, ce qui impose des fixations et des jonctions conçues pour ce mouvement, faute de quoi il ondule et se désolidarise de la rive.
Le cuivre est le plus durable et le plus cher. Il se justifie sur les belles bâtisses et partout où l’on veut poser une fois pour un siècle. Le PVC, lui, garde sa place sur un abri, un garage ou une dépendance : peu coûteux et facile à remplacer, mais il se déforme sous le soleil d’été, jaunit avec le temps et casse net au gel une fois fragilisé.
Descentes, dauphins et rejet au sol
Une descente n’est pas un simple tuyau. Son diamètre doit correspondre à ce que le chéneau lui envoie, sa fixation doit encaisser le poids d’une colonne d’eau pleine, et son tracé doit éviter les coudes superflus. Chaque coude réduit le débit et crée un point d’accumulation où s’arrêtent feuilles, mousses et gravillons descendus du toit.
Le pied de descente est l’endroit le plus maltraité de toute l’installation. Dans les villages, il reçoit les chocs des véhicules, des brouettes et des tondeuses. C’est le rôle du dauphin, ce tronçon rigide en fonte ou en acier qui protège le dernier mètre. Sur les rues étroites de Jouques, de Rians ou de La Verdière, le dauphin fonte reste le seul montage qui tienne réellement dans la durée.
Reste la question du rejet. Une descente qui déverse librement au pied du mur sature le terrain et ramène l’humidité vers les fondations, phénomène très visible sur les murs en pierre du secteur. Nous raccordons donc au réseau enterré lorsqu’il existe, ou nous posons un regard avec départ vers un point d’infiltration éloigné. Quand le terrain s’y prête, une cuve de récupération règle les deux problèmes à la fois.

Solins et abergements, là où le toit rencontre la maçonnerie
La zinguerie ne se limite pas aux gouttières. Elle couvre tous les raccords entre la toiture et ce qui la traverse ou la borde : souche de cheminée, mur pignon plus haut que le toit, bandeau de terrasse, sortie de ventilation, châssis de fenêtre de toit. Autant de lignes où deux matériaux qui ne bougent pas au même rythme doivent rester étanches.
Sur le bâti ancien, ces raccords sont le plus souvent traités au mortier. La solution tient tant que rien ne travaille, mais le mortier ne se dilate pas comme le bois ni comme la pierre : il se fissure en périphérie, et la fissure devient un entonnoir dirigé vers l’intérieur. Le solin métallique engravé dans le mur, avec bande porte-solin et joint souple, règle le problème pour bien plus longtemps.
Autour d’une souche de cheminée, on ajoute un bavolet côté haut, des noquets le long des rampants et une bavette côté bas. Chaque pièce en recouvre une autre dans le sens de l’écoulement, jamais l’inverse. C’est un travail de découpe et de pliage réalisé sur place, et c’est précisément ce détail qui distingue un couvreur zingueur d’un simple poseur de tuiles.
Entretenir plutôt que réparer
Une gouttière propre dure deux à trois fois plus longtemps qu’une gouttière laissée pleine. Avec les platanes des places de village, les pins d’Alep et les chênes verts, nous conseillons deux passages par an : un en fin d’automne une fois les feuilles tombées, et un au printemps après la chute des aiguilles et des chatons.
Un passage d’entretien ne se limite pas à vider les chéneaux. Nous rinçons les descentes, contrôlons les crochets et les colliers, reprenons les jonctions qui suintent et vérifions l’état des solins. Une heure de contrôle évite régulièrement une réfection de plusieurs mètres linéaires deux ou trois hivers plus tard.
- Pose et remplacement de gouttières demi-ronde ou corniche
- Chéneaux encaissés et habillage des planches de rive
- Descentes, coudes, colliers et dauphins en fonte
- Solins engravés, abergements de cheminée et noquets
- Noues métalliques et bandes de rive sur pignon
- Nettoyage et contrôle annuel des évacuations
Questions frequentes
À quelle fréquence faut-il nettoyer ses gouttières ?
Deux fois par an sur la plupart des maisons du secteur : en novembre une fois les feuilles tombées, puis au printemps après la chute des aiguilles de pin et des chatons de chêne. Sous un platane ou un tilleul, un troisième passage en plein automne se justifie largement. Une maison dégagée, sans arbre à proximité, peut se contenter d’un contrôle annuel avec rinçage des descentes.
Ma gouttière déborde alors qu’elle est propre, pourquoi ?
Trois causes reviennent. La section est sous-dimensionnée pour la surface de toit qui s’y déverse et ne suffit plus lors des orages violents. La pente est nulle ou inversée, souvent après un affaissement de la planche de rive. Ou bien la descente est trop étroite, voire obstruée plus bas dans un coude ou dans le réseau enterré. Un essai au jet d’eau permet de trancher en quelques minutes.
Peut-on remplacer seulement une partie du réseau ?
Oui, à condition que les profils se raccordent. Sur du zinc, une longueur se dépose et se soude à la neuve sans toucher au reste. Sur de l’aluminium posé en continu, le remplacement partiel est plus délicat car la pièce a été formée d’un seul tenant. Nous regardons aussi l’état des crochets : les changer coûte peu et évite de reprendre le même chantier deux ans plus tard.
Faut-il installer des protections anti-feuilles ?
Elles aident sous les grands arbres, mais elles ne dispensent jamais du nettoyage. Les modèles à grille fine retiennent les aiguilles de pin en surface et forment peu à peu un tapis qui fait passer l’eau par-dessus le bord. Nous préférons les crapaudines en tête de descente, simples, efficaces et faciles à contrôler, associées à un passage régulier plutôt qu’à un dispositif supposé définitif.
Le zinc et le cuivre peuvent-ils cohabiter sur un même toit ?
Non, pas dans le sens de l’écoulement. L’eau qui ruisselle sur du cuivre entraîne des ions qui attaquent le zinc situé en aval et le perforent en quelques années. Si une partie de la couverture ou une gouttière est en cuivre, tout ce qui reçoit ses eaux doit être en cuivre ou en inox. C’est un point que nous vérifions avant de chiffrer le moindre remplacement partiel.
Intervenez-vous en urgence après un gros orage ?
Oui. Après un épisode cévenol, les appels concernent surtout des descentes arrachées, des chéneaux qui débordent et des solins mis à nu par le vent. Nous intervenons du lundi au samedi de 7h30 à 21h30 et le dimanche de 9h à 18h, d’abord pour sécuriser et rétablir l’écoulement, puis pour chiffrer la réparation définitive une fois la météo calmée.
Faites contrôler vos évacuations avant l’automne
Relevé des linéaires, contrôle des pentes, des descentes et des solins, puis devis chiffré sous 48 heures. Déplacement gratuit sur les dix communes. 07 75 03 55 99


